La mobilisation paye : le 1er mai est et restera férié, chômé et payé !
Ce lundi 13 avril, la CGT et les organisations syndicales ont obtenu que le gouvernement ne passe pas en force sur le 1er mai et ne convoque pas la commission mixte paritaire, indispensable pour valider la proposition de loi.
La loi ne sera donc pas modifiée demain et le 1er mai restera un jour, férié, obligatoirement chômé et rémunéré où seuls de rares secteurs qui, en raison de la nature de leur activité ne peuvent interrompre le travail sont autorisés à faire travailler les salarié·es.
La CGT appelle les travailleuses et les travailleurs à manifester massivement ce 1er mai. C’est NOTRE journée, c’est le jour où se faire entendre pour exiger des augmentations de salaire et des mesures contre la vie chère. C’est le jour où, depuis 140 ans, tous les travailleurs et travailleuses du monde manifestent ensemble pour défendre la paix juste et durable et le progrès social.
La CGT appelle à défendre le 1er mai
Le 1er mai doit rester :
un jour chômé et payé,
un jour de mobilisation et de solidarité,
un symbole des luttes sociales.
Nous avons déjà réussi à gagner plus de 30 000 signatures en 24h il faut continuer à amplifier.
Merci de diffuser la pétition à toutes les bases et de la diffuser très largement sur tous vos réseaux sociaux.
https://c.org/sMKHytHyrm
1er mai : une remise en cause historique du jour férié chômé et payé
Le gouvernement veut élargir le travail le 1er mai, seul jour férié obligatoirement chômé et payé en France. Derrière un discours trompeur, cette réforme constitue une attaque directe contre une conquête sociale majeure.
Le 1er mai : un droit unique dans le Code du travail
Contrairement aux autres jours fériés, le 1er mai est le seul jour obligatoirement chômé et payé pour tous les salariés, sauf activités ne pouvant être interrompues.
Cette spécificité n’est pas un hasard : elle est le fruit de plus d’un siècle de luttes sociales et symbolise la journée internationale des travailleurs et travailleuses.
Une réforme portée par Gabriel Attal aux effets trompeurs
Présentée comme une mesure de “bon sens”, la proposition de loi repose en réalité sur des arguments contestables et des situations marginales.
Des sanctions très rares, un problème largement exagéré
Le texte s’appuie notamment sur quelques cas isolés de boulangers verbalisés… puis relaxés par la justice.
En pratique :
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- très peu de contrôles,
- des sanctions rares,
- des amendes faibles.
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–> Rien ne justifie une remise en cause d’un principe aussi fondamental.
Une mesure qui profite surtout aux grandes enseignes
Les artisans peuvent déjà travailler le 1er mai… sans salariés.
La réforme vise en réalité à permettre aux grandes chaînes de :
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- boulangeries industrielles,
- grande distribution,
- franchises alimentaires,
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–> de faire travailler leurs salariés ce jour-là, accentuant la concurrence contre les petits commerces.
Une extension massive du travail le 1er mai
Sous couvert de dérogations, la loi élargirait fortement les secteurs autorisés à ouvrir :
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- commerces alimentaires (y compris supermarchés),
- restauration et vente à emporter,
- fleuristes, jardineries,
- commerces culturels (librairies, enseignes spécialisées…).
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–> Une définition floue qui ouvre la porte à une généralisation progressive du travail le 1er mai.
“Volontariat” et “double salaire” : des illusions
Un volontariat sous pression
Dans la réalité du travail, le “volontariat” est souvent fictif :
pression hiérarchique, peur pour l’emploi, précarité.
Une rémunération trompeuse
Contrairement à ce qui est avancé :
–> les salariés ne sont pas réellement payés double,
–> ils perçoivent simplement une rémunération supplémentaire équivalente à une journée normalement déjà payée.
Le travail du 1er mai reste donc peu compensé au regard de la contrainte imposée.
Un cadre juridique fragile et facilement contournable
Le gouvernement promet un encadrement par décret.
Mais en réalité :
–> un décret peut être modifié à tout moment,
–> des dérogations prévues sont déjà très larges.
Cela ouvre la voie à une extension progressive à de nombreux secteurs.
Une attaque directe contre les droits des salarié·es
Cette réforme :
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- remet en cause un acquis historique,
- banalise le travail un jour symbolique,
- touche particulièrement les salarié·es du commerce, majoritairement des femmes.
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Les vraies urgences sociales sont ailleurs
Les travailleurs et travailleuses attendent :
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- des augmentations de salaires,
- des réponses à la hausse du coût de la vie,
- des mesures pour l’emploi et les conditions de travail.
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Pas la remise en cause de leurs droits fondamentaux.
Adopté au Sénat, le texte passe à l’Assemblée nationale ce 22 janvier
S’attaquer au 1er mai c’est remettre en cause cent ans d’histoire de luttes sociales, et de reconnaissance du droit au repos
Si le 1er mai est aujourd’hui le seul jour férié obligatoirement chômé et rémunéré dans le Code du travail, c’est qu’il a une très longue histoire ! Il existe depuis plus de cent ans, marqué à la fois par la revendication de diminuer le temps de travail et par la répression violente provoquée.
D’abord avec les manifestations mortelles à Chicago en 1886 où les syndicats ouvriers états-uniens revendiquent la journée de huit heures, puis en France avec la fusillade sanglante de travailleurs à Fourmies dans le Nord le 1er mai 1891. Le 1er mai devient une journée chômée en avril 1919, détournée sous le régime de Vichy en « fête du travail ».
À la suite du Conseil national de la Résistance, elle est réintroduite à partir de 1946 avant d’être instituée définitivement comme jour férié, chômé et payé. Fériée dans 24 des 27 pays de l’Union européenne et dans la plupart des pays du monde, la journée internationale de lutte pour les droits des travailleuses et travailleurs n’est pas un jour férié comme les autres !
C’est une journée :
- de mémoire, pour celles et ceux qui ont payé de leur vie le progrès social ;
- de luttes, pour les droits d’aujourd’hui et de demain ;
- de solidarité internationale, face à un capitalisme toujours plus violent.
Le 1er Mai n’est ni une fête commerciale, ni un jour férié ordinaire.
C’est le seul jour férié obligatoirement chômé et payé, parce qu’il symbolise les luttes du monde du travail.
Une première brèche pour nous voler un jour de repos rémunéré
La proposition de loi prévoit d’étendre la dérogation aux « commerces de bouche » (boulangeries, boucheries, traiteurs, etc.), aux commerces de vente alimentaire au détail (primeurs mais aussi supermarchés), aux fleuristes et aux établissements culturels (cinémas, musées…).
Elle a donc vocation à concerner des centaines de milliers de salarié·es de ces secteurs, et ouvre en plus une brèche dangereuse. En effet, une fois qu’un principe saute, on sait malheureusement que la dérogation s’étend progressivement.
Depuis plusieurs années, les gouvernements successifs et le patronat cherchent à remettre en cause le sens même du 1er Mai :
- extension du travail le 1er Mai,
- dérogations multiples,
- remise en cause du repos obligatoire,
- discours visant à culpabiliser les salariés.
Derrière ces attaques, une logique claire : affaiblir les droits collectifs pour imposer toujours plus de précarité.
Accepter de travailler le 1er Mai, c’est ouvrir la porte à la remise en cause de tous les jours fériés et de tous les temps de repos.
L’illusion du volontariat et des majorations
Pour nous attirer on nous parle de majorations, et pour nous rassurer on prévoit le volontariat… Or l’expérience de la banalisation du travail le dimanche nous apprend qu’une fois que le travail se normalise il n’y a très vite plus de majorations.
D’ailleurs la « majoration » actuelle est très relative, sachant que les salarié·es qui ne travaillent pas le 1er mai sont par principe déjà payé·es… Heureusement qu’elles et ils sont payé·es « double » s’ils et elles travaillent ce jour-là : être payé·e une fois en plus pour travailler une journée de plus, ça n’est pas une majoration !
Quant au volontariat, les salarié·es savent à quel point il s’agit d’une fiction dans le contrat de travail caractérisé par le lien de subordination. Comme pour le dimanche, les employeurs obligeront les salarié·es à travailler le 1er mai sous peine de licenciement, ou de non-recrutement (c’est-à-dire un chantage au moment de l’embauche).
Croire que le ou la salarié·e peut refuser de travailler le 1er mai c’est croire qu’il ou elle négocie son contrat de travail…
Envisager que des salarié·es puissent être volontaires révèle surtout que les salaires sont trop faibles ! Quand on a le choix, on est content d’avoir un jour férié comme le 1er mai.
Ce qui nous est proposé c’est la remise en cause d’un jour de repos rémunéré.
Pour manifester, pour être en famille, pour profiter d’un repos souvent bien mérité, pour avoir des temps de société partagés, défendons notre 1er mai !
